Un exemple de psychothérapie : l'hypnose

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Illustration représentant une boussole
Pour mieux comprendre ce qu'est l'hypnose.

L’hypnose ericksonienne

Le psychiatre américain Milton Erickson*, après avoir pratiqué l'hypnose classique, a élaboré une approche originale qui a connu un grand retentissement. Erickson recourt à l'hypnose comme moyen de communication avec l'inconscient. En effet, comme les psychanalystes, il accorde une place importante aux processus inconscients. Mais la conception qu'il en a est plus proche de celle de Jung que de celle de Freud.

L'inconscient est pour lui un « grand réservoir de ressources » qui contrebalance les limites de la conscience. Il est capable de modifier les cadres de référence du sujet face à une situation nouvelle, alors même que le conscient bute sur cette situation. C'est donc' une source de créativité et de changement. Les traumatismes, surtout ceux de l'enfance, tendent à fixer chez la personne des cadres de références inadaptés qui l'empêchent d'évoluer et la bloquent dans des réponses figées. Le symptôme apparaît, dans ce sens, comme un compromis que trouve l'inconscient pour échapper aux limitations posées par la conscience.

Le travail thérapeutique consiste donc à libérer les ressources inconscientes du patient; pour cela, il s'agit de contourner les défenses de la conscience. C'est là qu'intervient l'hypnose. Elle n'est, pour Erickson, qu'un état de conscience modifié, mais dans lequel nous pouvons entrer spontanément lorsque nous nous coupons de l'environnement pour nous focaliser sur un état intérieur.

Erickson induit une transe légère par des moyens divers adaptés à la personnalité du patient; cette transe permet au thérapeute d'atteindre l'inconscient du patient par un langage symbolique, imagé et métaphorique. C'est aussi un état qui intensifie la relation entre le thérapeute et le patient. Il permet de faire passer des suggestions thérapeutiques. Cependant Erickson réfute l'idée que l'inconscient obéit aveuglément aux suggestions ; pour lui il ne répond qu'à celles qui correspondent à ses besoins. C'est pourquoi il recourt plus à la suggestion indirecte qu'à la suggestion directe de l'hypnose traditionnelle.

M. Erickson a été surtout un thérapeute non conformiste et créatif, utilisant toute une gamme de stratégies sophistiquées, paradoxales ou humoristiques pour contourner les défenses du conscient et permettre à l'inconscient de remanier ses cadres de référence. Il pensait qu'un changement limité, mais significatif, dans un domaine précis peut s'étendre à d'autres domaines de l'existence. C'est pourquoi certain de ses thérapies pouvaient être extrêmement brèves.

La démarche thérapeutique se déroule schématiquement en trois stades: un stade d'exploration des problèmes du patient (symptômes, relationnelle, possibilités de changement...); un stade d'activation où, état d'hypnose, les problèmes du patient sont évoqués et stimulés façon indirecte, où les solutions éventuelles sont envisagées et qui laisse à l'inconscient le soin de faire son choix; enfin un stade d'évaluation des changements intervenus.

L'hypnose ericksonienne a exercé une influence importante sur ta un courant de la psychothérapie (thérapies systémiques* et stratégique thérapies familiales*, programmation neurolinguistique*...). En France elle a inspiré les réflexions de François Roustang, qui a profondément renouvelé la vision de l'hypnose.

 

Extrait du Guide pratique des psychothérapies